…je voudrais pas mourir
sans qu’on ait inventé
les roses éternelles
la journée de deux heures
la mer à la montagne
la montagne à la mer
la fin de la douleur
les journaux en couleur
tous les enfants contents
et tant de trucs encore
qui dorment dans les crânes
des géniaux ingénieurs
des jardiniers joviaux
des soucieux socialistes
des urbains urbanistes
et des pensifs penseurs
tant de choses à voir
a voir et à z-entendre
tant de temps à attendre
a chercher dans le noir…

no querría morir
sin que hayamos inventado
las rosas eternas
la jornada de dos horas
la mar a la montaña
la montaña a la mar
el fin del dolor
los periódicos en color
todos los niños felices
y tantas cosas todavia
que duermen dentro los cráneos
de los geniales ingenieros
de los jardineros joviales
de los preocupados socialistas
de los urbanos urbanistas
y de los pensativos pensadores
tantas cosas a ver
a ver y a escuchar
tanto tiempo a esperar
a buscar dentro la obscuridad

(fragmento, Boris Vian)